J’ai dû partir de mon village, aller à Paris travailler,
Je revois encor les visages de mes amis que j’ai quittés.
Le matin je vais à l’usine et le chemin de mon ennui
Me parle toujours d’Evelyne qui est restée seule au pays.
N’èi pas mes que ua cançon,
N’èi que ua cançoneta,
N’èi pas mes que ua cançon
Entà dise-te-eth mie amor.
Je regarde couler la Seine et vois glisser les vieux chalands.
Dans les klaxons et les sirènes où est la musique des torrents?
Alors je rêve à mes cascades, aux gaves et aux pics enneigés,
En revivant mes escapades vers les sommets des Pyrénées.
La longue plaine monotone du vent qui souffle avec fureur
Ne balaie point au ciel d’automne les feuilles mortes de mon cœur.
Mon souvenir tourne les pages pleines du parfum des forêts
Et je revois ta douce image qui garde un goût d’éternité.
J’aimais le chant des pastourelles, le merle sur le cerisier,
Le gazouillis de l’hirondelle, et puis l’odeur des foins coupés.
J’ai trop souffert, j’ai trop de peine demain je change d’horizon;
Près de l’eau vive des fontaines je te redirai ma chanson.
Qu’aurèi tostemps ua cançon,
Qu’aurèi ua cançoneta,
Qu’aurèi tostemps ua cançon,
Entà dise-te-eth mie amor.
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Ce n’est qu’une chanson,
Je n’ai qu’une chansonnette,
Ce n’est qu’une chanson,
Pour te dire mon amour.
J’aurai toujours une chanson,
J’aurai une chansonnette,
J’aurai toujours une chanson,
Pour te dire mon amour.