(Gaëtan Bourdens)
(Tonio, gardien de refuge avait un chien d’avalanche qui s’appelait TRECK. Un jour, ils furent appelés avec la gendarmerie à la recherche d’un skieur ; le chien des gendarmes et TRECK se disputèrent. Un gendarme donna un coup de pied à TRECK et le tua sur le coup.)
Pareil à une peluche grise qui caracole dans le vent
La truffe pointée vers la brise un regard doux, intelligent.
Et moi, l’être humain qui le suit, un peu perdu dans mes pensées
J’ai enfin trouvé un ami, un ami fidèle à jamais.
Nous sommes deux êtres solitaires, et nous vivons dans la montagne
Où le ciel caresse la terre ; sous le vent chaud qui vient d’Espagne.
Quelquefois c’est l’apprentissage, on va et vient sur les sentiers,
On marche dans les pâturages, et là je t’apprends à chercher
À trouver un bout de chiffon, un béret ou un compagnon,
Et quand nous sommes fatigués, on rentre au refuge se coucher.
On va dans des contrées lointaines, où la neige tombe des sommets
Se fracassant sur les moraines, et emportant les égarés ;
Alors on part avec des guides, essayant de les retrouver,
Et quand on sauve une vie, on a du bonheur à pleurer.
Un jour que tu étais sur la neige, cherchant un skieur disparu,
Un chien t’a déclaré la guerre, alors tu lui as sauté dessus.
Mais un abruti galonné t’a donné un grand coup de pied
La montagne a chaviré, et ton doux regard s’est voilé.
Depuis je marche solitaire, je vis tout seul dans la montagne
Quand j’entends ta voix sur les crêtes, je pleure avec le vent d’Espagne.