Mascarina

Gaétan

C’est par un matin de printemps
Que dans une étable gasconne
Atted un brave paysan
Un veau que sa vache lui donne
En le voyant il est si content
Que ce doux refrain il fredonne.

Ah ! ma beròye mascarina, lo printemps que ben d’arrivà
Lo muguét e làs brioletes en lous bosquets que bàn poussà
Et tu ma petite bàqueta debat ta maï que bos popà,
Càr se bos àriba gràndeto, qu’et calera pla pàsturà.

Bientôt la vachette a grandi
Il faut l’apprendre à travailler
Pour ça, sur la tête il lui a mis
Un joug pour pouvoir l’atteler.
La voyant peiner, il lui dit
Ces phrases pour l’encourager.

Ah ! ma beròye mascarina, eth estiù qu’ey déjà aquiu
Tira lo cà e la càreta, las càbesas e lo roleo,
La vita àci qu’ey dificilo se bos minja cào tribalha
Mes que y aribaras mamia, car de santat ne manquas pas.

C’est une vache maintenant
Elle est la reine du troupeau
Pour les combats toujours devant
Et elle n’a pas peur du boulot
Alors tout fier, le paysan
En l’étrillant lui dit ces mots

Ah ! ma beròye mascarina,l’autona que mucho lo nàs,
Et las palomas dàb las grivas que s’en ban de l’aute costàt
Tu deu tropet qu’es la mestreça e n’as jamès poù aùs combats
Que tribàlhas dab tant d’adreça qu’en soy fier et recompensat.

Les années se sont écoulées
La vache est vieille maintenant
A l’étable elle est rentrée
Elle est couchée agonisant
Le paysan est bouleversé
La caressant, il lui dit en pleurant

Adiu ma praube mascarina, l’iver qu’ariva dab la fin
Car beyes en la nosta bita, u bet dia que cao parti
Sus terro no n’y a pas justicia sounque la mort per cada-u
An céo que nous beiram mamïa se lo bon Diu en bo dab tu (Bis).

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