Ecoutez les voix qui chantent

1. La vie toute entière est une chanson !
Chanson triste ou chanson joyeuse,
Dis-nous de ta voix merveilleuse
Les mots dont nous berçons
Près des rideaux blancs, quand bébé s’endort
Gentiment un doux chant s’élève
C’est la maman qui pour son trésor
Appelle les anges en rêve …

Ecoutez, près des berceaux les voix qui chantent
Fais dodo jusqu’à demain
Mon chérubin !
Pour calmer nos petits chagrins
Chantez mamans, aux voix dolentes
Plus tard quand on est grand,
On n’oublie pas la chanson des mamans !

2. Un jour, le berceau devient trop petit
Et du nid, les enfants s’envolent
L’amour chante sa chanson folle
Les cœurs exaltés sont pris
Après les élans, les désirs confus
Les chimères que rien ne lasse,
Le cœur grisé ne résiste plus
Et l’on croit au bonheur qui passe.

Ecoutez, au fond des cœurs les voix qui chantent :
« Pour toujours je t’aimerai
Ou j’en mourrai ! »
Et l’on prend ces serments pour vrais
Tant ils sont doux, même s’ils mentent
Beaux rêves de vingt ans,
Chantez, chantez dans le cœur des amants !

3. Là-bas, vers la Meuse, au flanc du coteau,
Les soldats s’en vont en colonne …
Le tambour bat, le clairon sonne …
« Mont’ras tu la côt’ là-haut ? »
Mais, sous les sapins, au bord du chemin
On salue une croix de pierre …
Les chants joyeux se sont tus soudain …
On est trop près de la frontière …

Ecoutez, au fond des bois, les voix qui chantent
Souvenir des petits gars,
Qui dorment là !
Un jour ils sont tombés, là-bas,
Dans la mitraille et la tourmente …
Qu’en nous, leur souvenir,
Chante toujours : « Sachons vaincre ou mourir ! »

4. Là-bas, la tempête et les flots mouvants
De la barque ont brisé les voiles,
La nuit funèbre est sans étoiles
La mort hurle avec le vent !
Combien de marins sont ainsi partis
Qui, jamais n’ont revu la côte
Et que les veuves et les petits
Viennent chercher à marée haute.

Ecoutez le long du flot les voix qui pleurent,
Qu’as-tu fait de nos maris ?
Rends-nous nos fils ! …
Rends-ceux que tu nous as pris,
N’est-ce donc pas assez qu’ils meurent …
Triste chanson des flots
Dans ton murmure on entend des sanglots !

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