L'océan

La-bas sur l'océan, dans ce phare qui scintille,
Un gardien vigilant reste seul en famille .
Seul dans l'immensité, quand les flots se soulèvent,
Parfois, comme dans un rêve, il se prend à chanter.

L'océan sous sa garde le soir fait miroiter
Les étoiles hagardes, aux reflets argentés.
Sur cette apothéose monte vers l'horizon
La joyeuse chanson de l'océan grandiose.

Mais un soir le gardien, quelque folie en tête,
Au village voisin va revoir sa brunette.
Près d'elle il s'attarda car elle était jolie,
Mais le phare vigile ce soir n'éclaira pas.

L'océan sans son garde paraît désorienté,
Les étoiles blafardes ont terni leur clarté.
Prenez garde au naufrage, pauvres petits bateaux
Balancés par les flots, car l'océan fait rage.

Au village voisin des gens courent en nombre,
On sonne le tocsin pour un bateau qui sombre.
Pour lui porter secours le gars dans l'eau s'élance,
Mais les flots par vengeance l’entraînent pour toujours.

L'océan n'a plus de garde car dans l'immensité,
C'est la folle camarde qui vient de l'emporter,
Sorcière toujours avide emportant au lointain
Celui qui fut gardien de l'océan perfide.

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